Rabat : la digitalisation de la démocratie en Afrique au centre du 3e Dialogue-Séminaire du PCNS
Rabat - La digitalisation de la démocratie au continent africain a été au centre de la 3e édition du Dialogue-Séminaire sur les élections et la démocratie en Afrique, organisée mardi au Campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Rabat.
Initiée conjointement par le Policy Center for the New South (PCNS) et le Département des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de l’Union africaine (UA-PAPS), cette rencontre a été l'occasion d'examiner en profondeur les enjeux de la digitalisation de la démocratie en Afrique et la manière dont les jeunes peuvent employer l'IA et les nouvelles technologies pour contribuer au développement du continent.
S'exprimant à l'ouverture de ce Séminaire-Dialogue, le président exécutif du PCNS, Karim El Aynaoui, a souligné l'importance de cette thématique dans le contexte actuel marqué par des mutations profondes à l'échelle internationale, précisant que les élections constituent "le moyen le plus efficace pour apaiser les tensions et servir l'intérêt général des sociétés".
En organisant de tels événements, le Policy Center vise à créer un espace propice à la réflexion et aux échanges fructueuxen réunissant chercheurs, décideurs et universitaires de diverses nationalités, pour bâtir ensemble une Afrique prospère et influente, a-t-il précisé.
M. El Aynaoui a également passé en revue les initiatives lancées par le PCNS en faveur des jeunes dans divers domaines, en vue de favoriser leur participation effective à la vie publique.
Pour sa part, le Commissaire de l’Union africaine (UA) aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, a mis l'accent sur l'essor de l'IA, précisant que "la digitalisation n'est plus une tendance d'avenir, mais une réalité qui s'impose avec force afin de promouvoir la démocratie au sein du continent".
Les nouvelles technologies, bien qu'elles offrent d'énormes opportunités notamment en matière de transparence, soulèvent de nombreux défis liés à la désinformation, a-t-il relevé, appelant à une mobilisation collective en vue de relever ces défis.
M. Adeoye a aussi jugé nécessaire d'adapter la formation aux nouvelles réalités numériques en vue de fournir aux jeunes les outils nécessaires pour pouvoir démêler le vrai du faux.
Réaffirmant l'engagement de l'Union africaine en faveur du renforcement de la démocratie en Afrique, M. Bankole a évoqué la mise en place d’un indice africain de la démocratie, susceptible de fournir des données crédibles aux médias et aux plateformes numériques, tout en permettant de mieux anticiper les défis liés aux nouvelles technologies.
La séance d'ouverture a été suivie par un panel analysant l'impact de l'IA générative et des Deepfakes sur les sociétés, en général, et la confiance des citoyens dans les institutions, en particulier.
Les intervenants à ce panel ont exploré le rapport du citoyen à l’information dans un monde saturé de contenus où il est devenu difficile de détecter les fausses informations et les Deepfakes. Selon eux, l'IA constitue une arme à double tranchant, en ce sens qu'elle est susceptible de renforcer la démocratie au sein des sociétés si elle est bien employée, mais aussi de représenter une réelle menace en cas d'un usage malveillant.
Dans ce sens, ils ont souligné à la nécessité de promouvoir la recherche scientifique dans le domaine de l'IA pour développer des solutions plus intelligentes et de mener des actions concertées pour sensibiliser à un usage responsable des technologies numériques.
Au programme de cette rencontre, initiée sous le thème "Digitaliser la démocratie : stratégies d’IA portées par la jeunesse dans un monde en mutation", figurent d'autres panels axés notamment sur les cadres éthiques de l'IA et son usage dans le cycle électoral.