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MINURSO : un général pakistanais prend le commandement

MINURSO : un général pakistanais prend le commandement


À l’heure où le dossier du Sahara entre dans une nouvelle séquence diplomatique, l’ONU vient de confier les rênes de sa mission sur le terrain à un officier pakistanais. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a nommé le général de division Jawwad Ahmed commandant de la Force de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara (MINURSO).




La nomination, annoncée le 11 août, intervient à moins de trois mois d’une échéance décisive : le 31 octobre, le Conseil de sécurité devra se prononcer sur le renouvellement du mandat de la mission. Une succession militaire qui, dans le langage feutré de la diplomatie onusienne, prend ainsi une résonance particulière.




Jawwad Ahmed succède au général de division bangladais Md Fakhrul Ahsan, qui a achevé sa mission le 2 août. António Guterres a salué son « service exemplaire » et son leadership au sein de la MINURSO. Son successeur arrive, lui, avec plus de 35 années d’expérience dans l’armée pakistanaise et les opérations de maintien de la paix des Nations unies.




Le général Ahmed a notamment été directeur général au ministère pakistanais de la Défense à Rawalpindi, où il supervisait le commandement et le contrôle ainsi que l’administration des zones de cantonnement du pays. Il a également commandé une division d’infanterie et occupé plusieurs responsabilités de haut niveau au quartier général de l’armée pakistanaise. Il a servi comme commandant de brigade dans des régions de haute altitude et comme instructeur en chef au Collège national de commandement et d’état-major de Quetta.




Plus tôt dans sa carrière, il avait déjà foulé les terres des opérations de paix de l’ONU, au sein du bataillon pakistanais engagé en Croatie dans le cadre de l’Administration transitoire des Nations unies pour la Slavonie orientale, la Baranja et le Srem occidental.




Son arrivée à la tête de la MINURSO se produit alors que le dossier du Sahara connaît un regain d’attention dans les couloirs des Nations unies. La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025 par onze voix, avec les abstentions de la Chine, de la Russie et du Pakistan, avait prorogé pour une année le mandat de la mission. Elle avait également inscrit le processus politique dans le cadre de la proposition marocaine d’autonomie et demandé au secrétaire général de mener un examen stratégique consacré à l’avenir de la MINURSO.




Cet examen a été conduit au printemps. Une délégation onusienne s’est rendue au Sahara, en Mauritanie et dans les camps de Tindouf, en Algérie, entre la fin mars et le début avril. Le Conseil de sécurité a ensuite tenu deux réunions à huis clos, les 24 et 30 avril. À l’issue de la première, l’envoyé personnel de M. Guterres pour le Sahara, Staffan de Mistura, avait évoqué un nouvel élan dans le processus politique.




Washington, de son côté, a également manifesté un intérêt renouvelé. En mars, son ambassadeur auprès de l’ONU avait indiqué devant le Congrès que les Etats-Unis envisageaient leur propre évaluation stratégique de la mission.




Le général Jawwad Ahmed prend donc son commandement dans un moment suspendu, entre les conclusions d’un examen stratégique et la perspective du vote d’octobre. Sur le terrain, la mission poursuit son travail ; dans les salles de réunion de New York, les diplomates s’interrogent déjà sur son avenir.




Cette transition intervient aussi à la veille d’un autre changement majeur aux Nations unies. Après deux mandats, António Guterres quittera ses fonctions à la fin de 2026. Le 1er janvier 2027, un nouveau secrétaire général prendra possession du 38e étage du siège de l’ONU à New York.




Huit candidats sont engagés dans cette course : Carolyn Rodrigues Birkett, María Fernanda Espinosa Garcés, Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan, Macky Sall, Olara Otunnu et Ivonne A-Baki. Ils présentent leur vision de l’organisation devant l’Assemblée générale et répondent aux interrogations des Etats membres et de la société civile, dans un processus qui doit dessiner les contours de l’ONU de demain.




La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a résumé l’enjeu en termes simples : le choix du prochain secrétaire général déterminera « l’orientation de l’unique organisation multilatérale au monde ».




Entre la nomination d’un nouveau commandant de la MINURSO et la préparation d’une nouvelle direction à New York, les Nations unies abordent ainsi une période de transition. Pour le Sahara, l’automne pourrait être décisif. Le 31 octobre, le Conseil de sécurité devra dire si la mission poursuit sa route, et dans quel cadre. D’ici là, le général Jawwad Ahmed aura pris place à la tête de ses hommes, dans cette longue histoire où le temps militaire avance souvent plus vite que celui de la diplomatie.