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Congrès CGLU: l’institutionnalisation de la participation citoyenne au cœur des débats

Congrès CGLU: l’institutionnalisation de la participation citoyenne au cœur des débats
Tanger  - Les participants à un panel consacré au gouvernement ouvert et à la participation citoyenne, organisé jeudi à Tanger, dans le cadre de la 8e édition du Congrès mondial des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), ont plaidé pour une institutionnalisation durable des mécanismes de participation citoyenne.
Cette rencontre, placée sous le thème "Gouvernement ouvert et participation citoyenne", a réuni des responsables gouvernementaux et territoriaux du Maroc, de la Côte d'Ivoire, du Nigeria et de la Colombie, afin d'examiner les moyens de promouvoir une gouvernance plus inclusive, collaborative et résiliente, fondée sur la transparence, la redevabilité et l'implication des citoyens dans l'action publique. S’exprimant à cette occasion, le président de Open Government Partnership (OGP) Afrique, Tarik Neshnash, a souligné que le véritable défi consiste à faire de la participation citoyenne une composante à part entière de l’action publique, relevant que le gouvernement ouvert vise avant tout à transformer durablement les relations entre les institutions et les citoyens. Dans ce cadre, M. Neshnash a mis en avant les avancées réalisées au sein de plusieurs collectivités membres du réseau OGP, citant notamment les expériences du Maroc et de la Côte d'Ivoire, qui témoignent d'une transition progressive d'initiatives pilotes vers des mécanismes institutionnalisés de gouvernance ouverte. Pour sa part, Fatiha Zanniby, cheffe de Division à la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT), a passé en revue les avancées réalisées par le Royaume en matière de gouvernement ouvert au niveau local, rappelant que les principes de transparence, d'accès à l'information, de participation citoyenne et de redevabilité sont consacrés par la Constitution et déclinés dans les lois organiques régissant les collectivités territoriales. A cet égard, Mme Zanniby a présenté le programme d'appui au gouvernement ouvert au niveau des collectivités territoriales, qui vise à généraliser ces principes à l'ensemble des collectivités du Royaume, notant que le Réseau marocain des collectivités territoriales ouvertes (REMACTO) compte aujourd'hui 310 collectivités territoriales membres, engagées dans une démarche visant à renforcer la qualité des services publics et la confiance des citoyens. De son côté, le Directeur général des services au conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabie El Khamlichi, a estimé que le renforcement de la confiance des citoyens passe avant tout par un changement de culture institutionnelle, appelant à une appropriation des principes du gouvernement ouvert par les élus, l'administration et l'ensemble des parties prenantes. La région a progressivement intégré ces principes dans ses outils de gestion, à travers notamment le budget citoyen, la création de plateformes permanentes de concertation et l'association de la société civile aux réflexions stratégiques, afin de garantir la pérennité de cette démarche au-delà des changements institutionnels, a-t-il indiqué. Quant au Directeur général de l'administration du Conseil régional de La Mé en Côte d'Ivoire, Jean Jacques Yapo, il a indiqué que son pays entend faire de la gouvernance ouverte un mode de gestion durable des collectivités territoriales, à travers l'accompagnement d'une première cohorte de dix communes et d'une région engagées volontairement dans cette démarche. Cette dynamique repose notamment sur la formation des élus et des citoyens, le développement d'outils de participation, la digitalisation, la capitalisation des bonnes pratiques et l'inscription de la gouvernance ouverte dans les règlements et procédures des collectivités, afin d'assurer la pérennité des initiatives engagées, a-t-il expliqué. Évoquant l'expérience de l'État de Kaduna au Nigeria, le Commissaire chargé de la planification et du budget, Mukhtar Ahmed, a souligné l'importance d'adosser le budget participatif à un cadre juridique solide, d'impliquer les communautés dès les premières étapes de l'élaboration budgétaire et de mettre en place des mécanismes d'audit associant les organisations de la société civile. Il a également insisté sur la nécessité d'intégrer les jeunes dans les dispositifs de gouvernement ouvert et d'inscrire la participation citoyenne dans les cycles budgétaires des collectivités, afin d'assurer la continuité et la durabilité de cette approche. Quant à la secrétaire adjointe au Bureau des relations internationales, Alejandra Rodas, elle a présenté, dans un message vidéo, l'expérience de la capitale colombienne, fondée sur l'institutionnalisation d'une structure permanente dédiée au gouvernement ouvert, à la mise en place d'instances multipartites de suivi et au développement d'une politique de données ouvertes favorisant le contrôle citoyen. Selon Mme Rodas, la participation citoyenne ne produit des effets durables que lorsqu'elle s'inscrit dans un cycle permanent de co-création, de mise en œuvre, de suivi partagé et de reddition des comptes, soutenu par des mécanismes institutionnels pérennes. Organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 8e édition du Congrès mondial de CGLU réunit des responsables locaux, représentants d'organisations internationales, experts et acteurs de la société civile pour débattre des enjeux liés à la gouvernance territoriale, au développement durable et à la coopération entre collectivités territoriales.